mercredi 21 octobre 2009

Chronique de la coupe : Dérive ou leçon de gigantisme ?

Dire que l’on considérait les Class J tels que Endeavour ou Velsheda comme l’apogée des destriers véliques de la coupe de l’America… Les guerres, les crises financières et économiques eurent raison de ce gigantisme… durant un temps, puisqu’aujourd’hui, dans les frimas économiques que nous connaissons, le symbole du sport vélique, et bientôt à vapeur, dévoile un nouveau zénith architectural. Ce ne sont plus des monocoques qui s’affronteront lors de la prochaine coupe de l ‘America, mais des bolides arachnéens de deux et trois coques, pourtant conçus pour ne naviguer, la plupart du temps, que sur une seule coque…

http://boatdesign.net/gallery/data/501/thumbs/98endeav3.jpg&imgrefurl=

Conclusion d’une discussion entre amis il y a peu de temps : « La Société ne vit plus sur la raison mais sur ses incohérences »… la preuve par l’exemple ?!

Après que les Suisses aient tenté de rationnaliser le circuit en organisant des régates de flottes de class america ; permettant aux plus anciennes moutures de teams -débutants ou modestes- de se mesurer aux plus pointus et donnant de la nav’ à l’année aux marins ainsi que du boulot aux préparateurs et bureaux d’études, les américains jettent une falaise dans la flaque (métaphore bodybuildée du pavé dans la mare).

Se reposant sur l’essence même de la coupe, ils lancent un défi aux Suisses sur les bateaux les plus rapides de tous les temps. Ce sera un contre un, pas de rounds Robin (tant pis pour les autres, pour Louis Vuitton, Bruno Troublé et sa petite entreprise qui ne connaît pas la crise) et, comme aujourd’hui les plus rapides sont les multis, nous ne verrons plus de teams couler des bulbes de 20 tonnes de plomb entre deux manches.

Qu’à cela ne tienne, les Suisses connaissent non seulement ces bateaux, mais en fabriquent de terriblement performants, savent les utiliser dans tous les temps et possèdent un humour parfois déroutant.


Alinghi V naît ainsi d’un père nommé Gigantisme et d’une maman attentive répondant au nom de « Chasse au poids ». Sa marraine rugit au patronyme de « Puissance », son parrain sourit à celui de « Simple ».


Alinghi est maintenant un catamaran géant de 27 mètres, doté d’un gigantesque mât de 50 mètres (pour l’instant), révélant son extrême puissance en naviguant trois fois plus vite que le vent. Il suit un mode de fonctionnement simple, reposant sur des solutions d’ores et déjà éprouvées et pousse au paroxysme du gigantisme en débarquant les forces vives de ses winchers auxquelles se substitue un moteur bien moins lourd.


On appelle ça « la réponse du berger à la bergère »...

Du coup, les américains moutonnent, se mettent aussi à l'hybride, comprenez par là : "voile et vapeur", en virant également leurs winchers pour un autre pétolon... ça va ressembler à une poursuite de bourdons...

Alors... ?

Dérive ou leçon de gigantisme ? Déroutant non ?

On a quand même échappé à ça : des géants radio commandés...




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