
"Premier arrivé, premier servi", dit l'adage.



"Y"a le temps", "On n'est pas pressé", "Ça peut attendre".
Si l'origine cette expression semble dater du XXe siècle, et être une évolution de "il n'y a pas le feu" ou, plus court, "y'a pas l'feu", cette origine pourrait être bien antérieure. Bien sûr on évoque la moquerie à l'égard de la proverbiale lenteur suisse, d'où l'apport de la symbolique lacustre.
Cette expression fait effectivement référence à la couleur du lac semblant en flammes au coucher du soleil, mais également au fait que les pêcheurs de perches n’avaient pas à se presser pour partir à la pêche... "tant qu’il n’y avait pas le feu au lac ".
Si composite ne rime pas vraiment avec environnement, le milieu de la construction navale y songe.
Les bateaux ne se décomposent pas encore comme des fruits, surtout avec les fibres de carbone, de polyester, les résines polyester, vinylester, époxy, les enduits, peintures, gel coat, etc. Alors où en est-on aujourd'hui ?
Les projets

Un matériau "biocomposite", soit un support en fibres végétales (kenaf, lin, coton, jute, chanvre, sisal, bois banane) et un liant biodégradable, simplifierait la tâche du recyclage. L'objectif étant de l’employer dans la fabrication de petites unités. Les applications existantes utilisent le lin pour les fibres, liées par une résine faite d'amidon de pomme-de-terre.
La production de ces fibres végétales, naturellement biodégradables et presque neutres en terme d’émission de CO2, demande peu d’énergie. De plus ces fibres se révèlent plus légères que les fibres de verre, vieillissent mieux, sont insensibles aux produits chimiques, peintures ou solvants et offrent la capacité, en fin d’existence, d’être compostées au lieu d’être incinérées.
Solution ?
Imaginez un bateau fait de bois (balsa et bois exotiques d'exploitation par exemple) pour les âmes de sandwich composites -faits de fibres de lin ou de chanvre et de résine d'amidon de pomme-de-terre- idem pour les ponts et aménagements, également tapissés de tissus non traités, éclairés de lampes à basse consommation (leds ou lampes fluocompactes).
Imaginez un voilier mu par sa propulsion vélique, complétée par un moteur électrique dont les batteries seraient chargées au port ou par une éolienne couplée avec des panneaux solaires, voire un hydrogénérateur en navigation de plaisance.
Une carène design, pas de bruit, pas de vagues, un déplacement rapide, le rêve !
Au final, biocomposites, développement durable...
Non il ne s'agit pas de retourner en arrière, mais d'avancer sans cesse dans l'innovation, nuance !
Ou pas ?
Pourtant, la propriété intrinsèque des ces éco-matériaux en plus de leur biodégradabilité serait la perméabilité à la vapeur d’eau… embêtant pour le nautisme quand on connaît le taux d’humidité auxquels même les plus simples aménagements sont contraints !
Et si ces éco-matériaux peuvent être compostés, les sites de compostages sont eux, encore trop peu nombreux pour suivre une éventuelle industrialisation.
Bien que la consommation de polymères biodégradables ait triplé en 3 ans (60.000 tonnes en 2003), leur utilisation se restreint généralement à des applications de courte durée de vie comme les emballages.
Enfin, ces polymères dérivés de ressources renouvelables, comme les pommes-de-terre ou le blé, présentent l’inconvénient majeur de nécessiter de grandes surfaces de terre et de grandes ressources en eau…
Peut-être que ; comme l'agriculture passée de l'agriculture intensive à l'agriculture bio avant de se dire qu'à mi-chemin, l'agriculture raisonnée, "c'est peut-être pas si mal !" ; verra-t-on la bio-industrialisation se développer entre l'industrialisation outrancière et la production bio. A vrai dire, elle existe déjà à l'état embryonnaire puisque les biomatériaux n'en sont encore qu'au stade expérimental. L'industrie automobile existante mélange ainsi des fibres naturelles (maximum 30 %) avec des fibres synthétiques pour la thermoplastie par exemple. Dans le nautisme, UWL surfboard a mis au point un procédé de stratification de planche de surf en fibres de lin avec "résine UV"... soit un produit composé à 90 % de matériaux naturels. Reste à voir comment cela vieillit avec le recul.
Alors si les bateaux ne deviennent pas 100 % bio, misons plutôt sur une biodégradabilité couplée à une déconstruction avec recyclage. Nan ?