mardi 19 janvier 2010

Magazine - Un navire écologique à passagers

Alors que l'écologie commence tout juste à titiller le nautisme, les navettes lémaniques, se multiplient au titre de la rationalisation des mouvements frontaliers.

Après avoir vu la "relative" compétitivité avec la somme des autos, auparavant nécessaires pour assurer ces transports quotidiens, ainsi que les désagréments subis par les navigateurs (vagues, houle résiduelle, vitesse d'approche), qu'en est-il de l'impact sur les écosystèmes côtiers ?

"Quoi les écosystèmes côtiers ?" répondront certains...

Les vagues, chers vous, les vagues et leur phénomène d'érosion des côte. Grosse préoccupation vénitienne (pour l'exemple) mais également sur d'autres littoraux, dont le littoral lémanique.

Ainsi, certaines plages disparaissent petit-à-petit comme celle de Saint-Disdille, du côté de Port Ripaille. D'autres aménagements de ports subissent donc doucement mais sûrement les flux et reflux des houles et vagues émises par les lignes régulières. La digue Napoléon de Thonon, par exemple, résistera-t-elle aux Navibus Thonon-Lausanne ?

Voilà de quoi réjouir les entreprises de travaux portuaires, quant à la faune et la flore... Elles continueront à subir les perturbations de la navigation de plaisance, des activités d'écoles de voile ou de location de matériel de loisirs nautiques...

Le lac étant une des plus grandes réserves d'eau douce dans laquelle bon nombre de communes pompent leur eau douce du robinet, il conviendrait de la préserver… Normalement…

Côté suisse, la condamnation des passe-coques des bateaux (donc la dérivation des eaux grises et noires vers des réserves éponymes, internes aux bateaux) ainsi que les bassins d'orages français, récoltant les eaux de ruissellement pluviaux avant de les filtrer y contribuent.

Le lac reste pourtant exposé aux rejets d'hydrocarbures, d'huiles et de ruissellement des bassins versants (autres que les parties françaises aménagées) ainsi qu'au nautisme auquel s'ajoute les services réguliers des navibus.

Quant à la qualité de l'air…

Bref, une propulsion hybride recourant aux énergies renouvelables serait salutaire.

Comme évoqué précédemment dans le billet d’humeur du 17 novembre, le chantier naval Corsier Port, avec le partenariat de l'architecte Sébastien Schmidt, ont montré avec le Trident 32 que les formes de carènes optimisées permettant de réduire les vagues et sillages, donc les nuisances et, a priori, les consommations (moins de sillage, moins de traînée, donc moins de consommation).

Aujourd'hui, les alternatives ne manquent pas et une motorisation diesel-électrique, comme utilisée un temps par la CGN, pourrait à nouveau être d’actualité.

Alimenté en électricité par hydrogénérateur (les coureurs au large en utilisent maintenant à pas variable étudiés pour les grandes vitesses), panneaux solaires et éoliennes, la partie électrique pourrait assurer les phases d'approche et de manœuvres portuaires tout en alimentant les servitudes à bord. Ces mêmes servitudes pourraient également être alimentées en eau de pluie, les aménagements intérieurs, profiter des bio matériaux.

Un projet "Swiss Made" de transport de passagers, non pas "vert" à 100 %, mais "raisonné" pour assurer un temps de transports et des horaires (cessons d'avoir systématiquement recours au "talibanisme écolo"), pourrait devenir un cas d'école sur ce bassin d'essai désormais internationalement connu qu'est le Léman.

Quoi de plus louable que de vouloir préserver cette grande réserve d'eau douce qu'un grand nombre de riverains boivent ?

Le temps que la CGN amortissent ses navibus, un projet tel que précédemment décrit pourrait être envisagé...

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